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05.04.2008

La politique du sac poubelle.

Mardi, le grand jour, est arrivé.

Le jour de l'élection.

Je me frotte les yeux le matin, au réveil et, à peine vaguement désembrumé, je pense : "Oh non ! J'ai pas envie !"

Ben oui, après des jours et des jours de distribution de journal, de signaturage de pétition, de réunions tardives, il faut donner le dernier coup de collier, qui n'est pas le moindre. Un proverbe chinois dit : si tu es à un pas du sommet, tu n'as fait que la moitié du chemin. Ben je peux vous dire, au réveil, la dernière moitié, elle a l'air plus longue. 

Je me suis néanmoins servi mon bol de muesli au lait de soja matinal et, équipé en tout et pour tout de trois affiches, d'une pancarte et d'un sac poubelle, je pars pour cette dernière journée, LA journée, l'élection.  

Nos chers amis Unefois étaient déjà là. Je pars recoller quelques affiches arrachées. A peine ai-je le dos tourné qu'elles sont réarrachées. J'abandonne. De toute manière, je n'ai jamais compris l'idée étrange que quelqu'un puisse voter à cause d'une affiche. Les vendeurs d'affiche font leur fortune sur l'ignorance des études de psychologie sociale sur la communication persuasive. 

Je me poste donc derrière nos amis unefois et Je sors ma pancarte, que je fais tenir grâce à une ficelle qui entoure (presque) esthétiquement ma nuque délicate. Je sors mon sac poubelle. Et je contemple le visage mi-consterné, mi-courroucé de nos amis socialistes.

Ah oui, je vous ai pas dit, sur la pancarte, un simple message : "Fac Verte recycle vos tracts" et une flèche qui désigne la poubelle que je tiens avec un grand sourire d'enfant de choeur tardivement déniaisé. 

Vous connaissez ce petit tremblement dans la voix de ces personnes trop sûres d'elles-mêmes qui se rendent compte d'un seul coup qu'elles sont ridiculisées ? Ben c'était là, au fond des remarques acerbes du chef d'équipe unef... un petit tremblement délectable... de rage et d'impuissance. Est-il plaisir plus fin, me demandai-je ? 

Peut-être, me disais-je, de les voir regarder leurs tracts partir dans ma poubelle... J'hésite encore. 

Mais en dehors de ce plaisir peut-être un peu malsain, j'avoue, il y a eu la réaction des étudiants. Tous souriants, enthousiastes, conquis, positifs.

Même ceux qui ne me donnaient pas leurs tracts, parce qu'ils voulaient les lire, me souriaient franchement. Sans parler des professeur(e)s, tous ravi de voir un petit syndicat faire la nique à l'incontournable, convenu et lassant syndicat majoritaire.

Cette journée, finalement, n'aura pas été si longue. Illuminée de sourires et d'encouragements.

La victoire de l'esprit sur la matière. 

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